La Fondation du Temple (les templiers) part 5

Premier Chapitre de l'Ordre

Premier Chapitre de l'Ordre

Il se tint à Paris dans la Maison neuve du Temple, le 27 avril 1147, présidé par le pape Eugène III. Pour la première fois, les chevaliers qui s'y assemblèrent, cent trente deux selon la chronique, "tous vêtus de leur manteau blanc" portaient au-dessus du cœur, comme un bouclier, la croix vermeille

Organisation hiérarchique du Temple en Orient

Le Maître
Le Maître (Il réside en Terre Sainte, à Jérusalem, car la raison d'être de l'Ordre est restera "la défense des pèlerins et du Saint-Sépulcre")

Son élection
Il est élu par treize frères électeurs, originaires de "divers nations et pays" selon une procédure complexe.S'il dirige l'Ordre à l'image d'un l'abbé cistercien, il ne dispose pas de pouvoirs illimités ;

Ses pouvoirs
1 – Pour toutes les décisions importantes, il doit consulter les frères réunis en chapitre. "Tous les frères doivent obéir au Maître et le Maître à son couvent"

2 – C'est lui qui désigne les principaux Dignitaires, mais et toujours avec l'accord du chapitre.

3 – Il est toujours assisté de deux chevaliers d'un rang élevé, pour le conseiller et aussi pour le surveiller.

3 – Il dispose d'une vraie "maison" : outre les deux chevaliers, un frère chapelain, un clerc, un "écrivain sarrasinois" (faisant fonction d'interprète), un sergent, un turcopole (soldat auxiliaire d'origine locale), un maréchal-ferrant, un cuisinier, deux palefreniers (chargés de son turcoman "cheval" de guerre choisi parmi l'élite).

4 - En campagne : il dispose d'une tente ronde (comme la chapelle du Saint-Sépulcre), il est escorté en permanence par un frère portant le Gonfanon ou l'étendard de l'Ordre.

5 – Le Maître décide seul, de l'engagement "c'est une terrible erreur de la règle".

6 – Il signe ses missives et discutions de son sceau, "la bulle", portant sur une face deux chevaliers sur la même monture et sur l'autre face, le "Dôme du Rocher" là où se trouve la maison chèvetaine de l'Ordre à Jérusalem.7 – Il est représenté par des visiteurs (sorte d'inspecteurs généraux), dans tous les pays où l'Ordre possède des commanderies.

Le sénéchal
1 - Second dignitaire de l'Ordre, il rempli toutes les fonctions du Maître en son absence.
2 – Il dispose d'une vraie "maison" presque aussi importante que celle du Maître.

Le Maréchal
1 - C'est l'autorité militaire suprême, il a la charge des armes et des chevaux.

2 – En campagne, tous les frères sergents et autres gens d'armes sont aux ordres du Maréchal.3 – C'est lui qui prend la tête de la cavalerie lourde des Templiers lorsqu'elle charge.

4 – Son rôle est primordial dans toutes les actions militaires importantes.

Le commandeur de la Terre et Royaume de Jérusalem
1 – C'est le grand trésorier de l'Ordre.

2 – Il est le chef de la province, celle de la Terre-Sainte.

3 – Il assure la fonction de ministre des finances.

4 – Il gère les flux financiers et les avoirs de l'Ordre en Orient et en Occident.

5 – A ce titre, il est le commandant de la flotte templière, dont le trafic passe presque en totalité par le port d'Acre.

6 – C'est lui qui déploie les frères dans les commanderies, places-fortes et forteresses en fonction des disponibilités et les nécessités de l'instant.

7 – Il est assisté du drapier, chargé de la fourniture de l'habillement des Templiers et de leur matériel de campagne (tentes et lits).

Le Drapier
7 – Il est chargé de la fourniture de l'habillement des Templiers et de leur matériel de campagne (tentes et lits).

Le gonfanonier
1 – Il est chargé du Gonfanon ou étendard de l'Ordre, dans le camp ou en campagne.

2 – Il ne reçoit d'ordre que du Maître au du Sénéchal.

Le commandeur de la cité de Jérusalem
1 – Il est chargé d'assurer la défense et la protection des pèlerins.

2 – A ce titre dix chevaliers lui sont toujours attachées en permanence.

Les commandeurs de provinces
1 – En Terre-Sainte, les commandeurs des provinces de Tripoli et d'Antioche sont des dignitaires très importants, ils jouissent de droits étendus dans leurs circonscriptions.

Le Turcopolier
1 – Il est chef des "turcopoles ou turcpoles", (combattants d'origine locale, guerroyant à la "Turc" (à cheval avec leur arc).
2 – Le tucopolier bénéficie d'un équipage de quatre chevaux et, en cas d'engagement, ne reçoit d'ordre que du Maître ou du Sénéchal.

Viennent ensuite :
Les frères chapelains
Les frères sergents
Les écuyers
Les Clercs
Les Palefreniers
Les Ecrivains traducteurs
Les turcopoles
Le maréchal-ferrant
Les cuisiniers
Les Non-combattants
Les Routiers
Les Producteurs
Les Novices

L'indépendance religieuse et spirituelle des Templiers

L'indépendance religieuse et spirituelle des Templiers

L'indépendance religieuse des Templiers fut reconnue dès 1163, par, une bulle du pape Alexandre III nommée "Omne datum optimum" donnée à Tours le 18 juin et fut adressée au Grand-Maître du Temple Bertrand de Blanquefort en tant que "Magistro religiose Militi Templi quod Jerosolimis situm […]". On peut voir cette bulle originale aux archives nationales.
La date de cette bulle est M C LXIII, quatrième année du pontificat d'Alexandre III.

Cette bulle dit : que le pape Alexandre III concède en privilèges l'indépendance spirituelle des Templiers et les soustraits à la juridiction des évêques diocésains et les placent directement sous l'autorité du pape.

Ils avaient déjà obtenu le privilège de construirent des chapelles et des oratoires dans leurs maisons, et la faculté d'agréger à l'Ordre, des prêtres, qui sous le nom de "chapelain" accompliraient toutes les fonctions du culte.

Elle a été confirmée dans les mêmes termes ou presque dix ans plut tard, en 1173, cette bulle fut adressée à Eudes de Saint-Amand et datée comme ce-ci : "Datum Anagniae per manum Gratiani sanctae Romanae ecclesiae sudiaconi et notarii, VII Kal. Novembris, indictione VI, incarnationis dominicae anno MCLXXIII, pontificatus vero domini Alexandri papae III anno quinto decimo".

Puis, nous retrouvons le même texte avec quelques modifications sans grandes importances dans une bulle du 4 mai 1183, rédigée par le pape Lucius III.

L'Origines des Croisades

L'Origines des Croisades

expéditions militaires entreprises par les chrétiens d'Occident à partir de 1095, habituellement à la demande du pape, pour soustraire à la domination des musulmans les Lieux saints de Palestine (aujourd'hui Israël et Palestine), et notamment le tombeau du Christ à Jérusalem. Les croisades, au nombre de huit, se sont achevées en 1270.

Origine des croisades

Cette origine remonte au soulèvement politique qui s'est produit à la suite de l'expansion des Turcs Seldjoukides au Proche-Orient, au milieu du XI e  siècle. La conquête de la Syrie et de la Palestine par les Seldjoukides musulmans, maîtres de Jérusalem en 1078, alarme les chrétiens en Occident. Simultanément, d'autres envahisseurs turcs s'enfoncent profondément dans les territoires de l'Empire byzantin et soumettent de nombreux chrétiens grecs, syriens et arméniens. Les pèlerinages en Terre sainte deviennent alors plus risqués en raison des guerres entre les Turcs et les Byzantins.

À l'origine des croisades, il y a également l'ambition des papes qui cherchent à étendre leur pouvoir spirituel et temporel. Les armées croisées deviennent, en un sens, le bras armé de la politique papale. Les chrétiens, en prenant la croix, n'attendent rien en retour et se contentent d'offrir leurs services à Dieu, bien que les risques et les souffrances encourus restent réels : maladies, longues expéditions et mort au combat. Non seulement les croisés ne tirent guère de bénéfices de leur participation à une croisade, mais cette participation même est une aventure particulièrement onéreuse : un chevalier doit financer son voyage dont le coût équivaut approximativement à quatre fois son revenu annuel. En tentant de comprendre pourquoi tant d'hommes ont pris la croix, certains historiens spécialistes du Moyen Âge ont mis l'accent sur l'importance de la croissance démographique et commerciale en Europe, entre le XII e et le XIV e  siècle. Les croisades s'expliquent donc par la recherche d'une zone d'expansion territoriale, pour une partie de cette population, et d'un débouché aux ambitions de seigneurs avides d'exploits, de richesses et d'aventures. Elles ont également offert de riches opportunités commerciales aux marchands des cités méditerranéennes d'Occident, en particulier Gênes.

Pise et Venise

Quels qu'aient été les motivations des croisés, ces expéditions ont donné un élan à la société de la chrétienté médiévale. En voulant reprendre les Lieux saints, musulmans depuis le VIII e  siècle, l'Europe catholique espère, plus ambitieusement, porter un coup mortel à l'islam contre lequel la lutte est déjà engagée avec la Reconquista espagnole.

Première croisade

Les croisades débutent officiellement le 27 novembre 1095, lorsque le pape Urbain II, au cours du concile de Clermont (aujourd'hui Clermont-Ferrand), prêche devant une assemblée, invitant les participants à se porter au secours des chrétiens d'Orient et à libérer les Lieux saints. Cet appel est entendu, et beaucoup d'entre eux rejoignent les rangs de l'expédition, après avoir orné leur habit d'une croix d'étoffe (d'où le nom de « croisé »). Stratégique, le pape accorde une indulgence plénière à ceux qui entreprennent le voyage à Jérusalem et décide d'attendre août 1096 pour le départ par groupes. Chaque groupe, qui doit subvenir à ses propres dépenses et a un chef dont il dépend, choisit son itinéraire jusqu'à Constantinople (aujourd'hui Istanbul). C'est le point de départ des attaques qu'il faut lancer contre les conquérants Seldjoukides d'Anatolie et contre l'empereur byzantin, avant de pouvoir se rendre à Jérusalem, destination ultime de la croisade.

Les armées des croisés

Dans ses grandes lignes, la première croisade se déroule selon le plan établi par le pape. Le recrutement s'effectue durant le restant de l'année 1095 et dans les premiers mois de 1096, et les armées, composées de chevaliers, se rassemblent à la fin de l'été 1096. En majorité, ces chevaliers viennent du royaume de France, mais également du sud de l'Italie, de Lorraine, de Bourgogne et de Flandre.

Lepape ne se doutait pas de l'enthousiasme et de la ferveur que son appel à la croisade allait susciter parmi les simples citadins et les paysans. En effet, parallèlement à la croisade des barons se forme une croisade des pauvres dont le principal initiateur et prédicateur est Pierre l'Ermite, originaire d'Amiens. Partis les premiers, ces croisés, dirigés par Pierre l'Ermite et Gautier Sans Avoir traversent l'Europe centrale, commettant nombre d'exactions sur leur passage (notamment en Germanie contre les Juifs). Environ 12 000 d'entre eux atteignent le Proche-Orient mais, mal équipés, ils sont rapidement anéantis par les Turcs à Nicomédie (aujourd'hui Izmit) en octobre 1096.

La conquête de l'Anatolie

Parties par des voies différentes, les quatre armées de croisés nobles — conduites par Godefroi de Bouillon, Bohémond I er , le comte de Toulouse Raymond de Saint-Gilles et le légat du pape Adhémar de Monteil — arrivent à Constantinople entre novembre 1096 et mai 1097. Profitant de cette croisade, l'empereur byzantin Alexis I er Comnène propose, en échange de son aide, la signature d'un traité accordant à l'Empire la restitution de tous les anciens territoires byzantins reconquis.

En mai 1097, les croisés (quelque 30 000 hommes) prennent d'assaut Nicée, la capitale de l'Anatolie turque, qui se rend en juin. Respectant les termes du contrat, les croisés remettent cette première conquête aux Byzantins. Peu après la chute de Nicée, les chrétiens affrontent l'armée seldjoukide à Dorylée (aujourd'hui Eskisehir). Le 1 er  juillet 1097, ils écrasent les Turcs, rencontrant dès lors peu de résistance en Asie Mineure.

L'étape suivante est la cité d'Antioche, en Syrie septentrionale. Le 21 octobre 1097, les croisés mettent le siège devant la ville qui ne tombe que le 3 juin 1098. Mais à peine ont-ils enlevé Antioche qu'ils sont attaqués par une armée turque venue aider les assiégés. Les croisés, et particulièrement Bohémond I er , attendent en vain le secours du Byzantin. Ils repoussent seuls les Turcs, le 28 juin. Bohémond I er décide alors de s'établir à Antioche, au lieu de restituer la ville à Alexis Comnène.

La prise de Jérusalem

Après avoir passé quelques temps à Antioche, les croisés se remettent en marche pour la dernière partie de leur périple, à la fin du mois de novembre 1098. En mai 1099, ils atteignent les frontières nord de la Palestine et, au soir du 7 juin, ils campent enfin en vue des murs de Jérusalem.

La cité, sous contrôle égyptien, s'est préparée au siège. Les croisés attaquent le 15 juillet 1099, soutenus par des renforts génois et des machines de siège nouvellement construites, et massacrent la quasi-totalité des habitants musulmans. Après plus de deux années d'expédition, l'objectif des croisés est enfin atteint : la cité sainte est libérée, et « purifiée » par le sang des infidèles vaincus.

L'armée s'installe et, une semaine plus tard, élit Godefroi de Bouillon souverain du nouveau royaume latin de Jérusalem. Déclinant le titre de roi par humilité, il prend celui d'« avoué du Saint-Sépulcre ». Sous sa direction, l'armée mène une dernière campagne, mettant en déroute une armée égyptienne à Ascalon (aujourd'hui Ashqelon) le 12 août 1099. Peu après, la majeure partie des croisés rentre en Europe, laissant Godefroi et une fraction de l'armée pour organiser un gouvernement et contrôler les territoires conquis.

Apogée de la puissance latine en Orient

Dans le sillage de la première croisade, quatre États latins sont créés au Levant. Le plus puissant d'entre eux est le royaume latin de Jérusalem, dirigé, à la mort de Godefroi de Bouillon (1100), par son frère Baudouin I (Baudouin de Boulogne, frère de Godefroy). Au nord de ce royaume se trouve le petit comté de Tripoli sur le littoral syrien ; au-delà de Tripoli, la principauté d'Antioche, centrée sur la vallée de l'Oronte ; tout à fait à l'est, le comté d'Édesse, en grande partie peuplé de chrétiens arméniens.

Pour défendre les États latins, des ordres de moines-soldats sont organisés en armée permanente : ainsi les Hospitaliers, en 1113, et les Templiers, en 1118. Des forteresses sont érigées, tel le fameux krak des Chevaliers. Profitant de cette nouvelle communication avec l'Orient, le commerce méditerranéen s'intensifie et devient florissant.


source : http://www.templiers.net/