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Publié le par castaneda

Alpes: les déchets radioactifs évacués de Ganagobie

 

Publié le vendredi 14 mars 2008 à 05H46

 

Ils croupissent dans l'ancienne usine Isotopchim depuis 17 ans

Derrière les murs de cette villa, ancien siège de la société Isotopchim à Ganagobie, sont toujours stockés des produits radioactifs comme le tritium ou le carbone 14.

© Eric Camoin

Il aura donc fallu plus de dix-sept ans pour qu'enfin on évacue de l'ancienne usine Isotopchim sur le plateau de Ganagobie, des produits hautement toxiques et radioactifs, tels que du tritium ou du carbone 14.  Tout débute en 1987. A cette époque, Jean-Pierre Friedeling et son épouse implantent sur la commune de Ganagobie une entreprise , spécialisée dans le marquage de produits chimiques au Carbone 14 et au Tritium notamment. Les déchets que génèrent ces produits, hautement radioactifs, doivent être récupérés par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Illégalité

Or, faisant suite à la fermeture du centre de stockage de La Hague au début des années 90, l'Andra cesse sa collecte de déchets. Ces derniers ne pouvant plus être traités et surtout récupérés, la préfecture des Alpes de Haute-Provence, au moyen de plusieurs arrêtés, intime l'ordre à la société Isotopchim de cesser toute activité radioactive. Les époux Friedeling passent outre et les déchets radioactifs s'accumulent dans le sous-sol de la villa. Le tribunal correctionnel de Digne, le 11 décembre 2003, condamne les Friedeling pour "stockage de matières radioactives sans autorisation". La cour d'appel le confirmera et la cour de cassation rejettera le pourvoi, posant ainsi un point final à des années de procédures.

Les Friedeling ont disparu. Condamnés chacun d'eux à un an de prison avec sursis et à 100 000 € d'amende, ils ne se sont jamais acquittés de la sanction financière. Sur place, à Ganagobie, on évite de s'approcher de cette villa fantôme, car chacun sait que les déchets sont toujours aussi radioactifs qu'à l'origine, la nocivité de ces produits pouvant durer plusieurs dizaines de milliers d'années. Du reste, les mesures effectuées par l'Aprii-Rad Provence en 95, 98 et 2001 le confirment: à chaque fois, la contamination mesurée n'a fait qu'augmenter...

Certains produits continuent à être stockés dans des réfrigérateurs, mais la municipalité craint à chaque orage une coupure d'électricité qui aurait des conséquences catastrophiques. D'autres produits stockés, eux, ne sont même pas répertoriés et leur nature exacte est toujours inconnue. L'Etat prendra en charge l'évacuation des déchets le mois prochain. Une décision que Bernadette Aurric, maire de Ganagobie réélue dimanche dernier, attend depuis longtemps: "C'est une bonne nouvelle mais je serai pleinement satisfaite le jour où on m'annoncera que l'on va décontaminer aussi le bâtiment."

 
Par Roberto Figaroli ( rfigaroli@laprovence-presse.fr ) 


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